Rapport technique sur les peuples autochtones, Recensement de la population, 2021
5. Comparabilité

5.1 Comparabilité historique

Les chiffres de la population des groupes autochtones, des Indiens inscrits ou des Indiens des traités, et des Premières Nations ou des bandes indiennes peuvent changer au fil du temps pour diverses raisons. Le changement (à la hausse ou à la baisse) du nombre de personnes déclarant appartenir à un groupe autochtone, avoir le statut d’Indien inscrit ou d’Indien des traités, ou être membre d’une Première Nation ou d’une bande indienne est attribuable, d’une part, à la croissance démographique, et, d’autre part, aux changements dans les tendances en matière de déclaration des groupes autochtones et des populations autochtones et non autochtones.

Les chiffres de la population autochtone peuvent aussi fluctuer au fil du temps en raison de différences dans le libellé et la présentation des questions relatives aux Autochtones, de changements législatifs, de différences dans l’ensemble des réserves et établissements partiellement dénombrés et de changements apportés à la définition de ce qui constitue une réserve.

Par ailleurs, les chiffres des variables relatives aux Autochtones peuvent également changer en raison des différences dans la méthodologie ou des changements entre le Recensement de 2021, le Recensement de 2016, l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011 et les recensements de 2006 et de 2001 (changements en matière de pondération et de calage, modifications apportées aux univers, etc.).

Les chiffres de l’appartenance à une organisation métisse ou à un établissement métis et de l’inscription en vertu d’un accord sur les revendications territoriales des Inuit sont inclus pour la première fois dans le Recensement de 2021.

5.1.1 Différences dans le libellé et la présentation des questions liées aux Autochtones

Les questions qui figuraient dans le Recensement de 2016 concernant le groupe autochtone, le statut d’Indien inscrit ou d’Indien des traités, l’appartenance à une Première Nation ou à une bande indienne et l’ascendance autochtone ont été conservées dans le cadre du Recensement de 2021, mais une modification a été apportée au libellé de la question sur le groupe autochtone (question 24). À la question 24 (groupe autochtone), le terme « Autochtone » a été supprimé de la question et de la catégorie des réponses du questionnaire. On a plutôt utilisé une approche fondée sur les distinctions et on a fait référence aux peuples autochtones en employant les termes « Première Nation (Indien de l’Amérique du Nord) », « Métis » et « Inuk (Inuit) ».

Les changements apportés à la question 23 portant sur l’ascendance autochtone (origine ethnique ou culturelle) sont décrits dans le Guide de référence sur l’origine ethnique ou culturelle, Recensement de la population, 2021, no 98-500-X au catalogue de Statistique Canada.

Deux nouvelles questions ont été ajoutées au Recensement de 2021 pour permettre de recueillir des renseignements sur l’appartenance à une organisation métisse ou à un établissement métis (question 28) et sur l’inscription en vertu d’un accord sur les revendications territoriales des Inuit (question 29).

Pour observer l’évolution des questions concernant la population autochtone au fil du temps, veuillez consulter les questionnaires suivants :

5.1.2 Modifications législatives

Les modifications apportées aux lois canadiennes en ce qui concerne les peuples autochtones peuvent avoir une incidence sur la façon dont les Canadiens répondent aux questions visant à désigner les peuples autochtones. Par exemple, en septembre 2011, le gouvernement du Canada a reconnu par décret la Première Nation Qalipu Mi’kmaq de Terre-Neuve-et-Labrador, conformément à la Loi sur les Indiens. Le nombre d’Indiens inscrits ou d’Indiens des traités vivant à Terre-Neuve-et-Labrador a augmenté, passant de 6 600 selon le Recensement de 2006 à 21 155 selon le Recensement de 2016. Les lois pertinentes comprennent le projet de loi C-31 en 1985, le projet de loi C-3 en 2011 et le projet de loi S-3 en 2017.

5.1.3 Mobilité de réponse

Outre les facteurs énumérés précédemment, certaines personnes déclarent leur identité autochtone ou leur ascendance autochtone différemment d’une période de collecte des données à une autre pour diverses raisons. La mobilité de réponse désigne le mouvement des réponses d’une catégorie à une autre, comme « Non, pas Première Nation, Métis ou Inuk (Inuit) » à « Oui, Métis ». La mobilité de réponse a une incidence plus marquée sur les estimations des populations des Premières Nations et des Métis que sur les estimations de la population des Inuit. Les changements d’attitude concernant l’identité autochtone, les décisions judiciaires ou les modifications juridiques anticipées, le climat social et d’autres facteurs peuvent avoir des répercussions sur la façon dont les personnes s’identifient.

5.1.4 Autres facteurs ayant des répercussions sur les réponses aux questions liées aux Autochtones

En résumé, les estimations démographiques pour des concepts comme l’identité autochtone et le statut d’Indien inscrit ou d’Indien des traités sont influencées par de nombreux facteurs. Les utilisateurs doivent prendre note que les estimations ponctuelles et les changements au fil du temps sont influencés par une combinaison de facteurs, à savoir la croissance naturelle, les changements de couverture et de mesure, ainsi que d’autres facteurs qui ont des répercussions sur la façon dont les personnes s’identifient. Il n’est pas possible de quantifier les répercussions qu’ont ces changements pris isolément.

5.1.5 Différences dans la liste des réserves et établissements partiellement dénombrés

En 2021, on comptait 63 réserves et établissements partiellement dénombrés dans le cadre du recensement. Les réserves et établissements partiellement dénombrés ont des répercussions sur les estimations du recensement pour la population des Premières Nations vivant dans les réserves, ainsi que pour la population d’Indiens inscrits ou d’Indiens des traités vivant dans les réserves. Il se peut que les estimations des autres populations aient aussi été touchées. Parmi ces autres populations figurent la population totale d’identité autochtone, la population d’identité des Premières Nations (Indiens de l’Amérique du Nord), la population totale d’ascendance autochtone, la population d’ascendance des Premières Nations (Indiens de l’Amérique du Nord), la population d’Indiens inscrits ou d’Indiens des traités, la population qui a déclaré être membre d’une Première Nation ou d’une bande indienne, ainsi que la population vivant dans les réserves et les établissements des Premières Nations.

Les estimations liées à d’autres variables relatives aux Premières Nations, comme la langue et le logement de bande, peuvent aussi être touchées par le dénombrement partiel de certaines réserves et de certains établissements dans le cadre du recensement. Cette situation n’a pas de répercussions sur les estimations des populations des Inuit ou des Métis parce que ces populations sont beaucoup moins susceptibles de vivre dans des réserves.

L’ampleur de l’incidence de l’exclusion des réserves et établissements partiellement dénombrés peut varier selon la région géographique à l’étude. Elle est moindre pour les plus grandes régions géographiques comme le Canada, les provinces et territoires, et peut être plus marquée pour les plus petites régions géographiques.

5.1.6 Changements apportés aux genres de subdivisions de recensement ayant trait à la population dont la résidence est « dans une réserve »

De temps à autre, des changements sont rapportés aux régions géographiques associées à la population « résidence dans une réserve ou hors réserve » (voir la définition de subdivision de recensement [SDR] dans le Dictionnaire, Recensement de la population, 2021, no 98-301-X au catalogue de Statistique Canada). En 2006, on comptait 1 174 SDR dans les réserves; en 2011, 997; en 2016, 984; en 2021, 1 026. Ces changements peuvent être le résultat d’ajouts, de suppressions, de modifications des limites ou de fusions. De plus, seules les réserves comptant une population sont reconnues comme des SDR distinctes.

5.1.7 Comparabilité des chiffres de population et des logements au fil du temps

En 2016 et en 2006, les logements dans les réserves dont l’occupation/inoccupation ne pouvait pas être vérifiée ou déterminée pendant la collecte ont été pour la plupart considérés comme étant inoccupés. En 2011, les logements pour lesquels l’occupation/inoccupation ne pouvait pas être vérifiée ou déterminée ont été pour la plupart considérés comme étant occupés. L’occupation/inoccupation réelle de ces logements était inconnue, et les hypothèses faites pendant la collecte peuvent rendre compte avec différents niveaux d’exactitude de la situation réelle des différentes réserves.

En 2021, une étape d’intervention manuelle a été ajoutée, ce qui a permis à des spécialistes du domaine de Statistique Canada d’examiner les divers logements dans les réserves pour lesquels l’occupation/inoccupation n’a pas pu être déterminée pendant la collecte. Ces logements ont été présumés inoccupés, à moins que ces spécialistes n’aient déterminé qu’un certain nombre de logements dans une communauté donnée devraient être considérés comme étant occupés. Ce changement à la méthodologie a été recommandé comme une amélioration.

Cette différence de méthodologie n’a pas de répercussions sur la comparabilité des chiffres des divers recensements pour toutes les réserves. Elle peut avoir des répercussions au moment de la comparaison des chiffres pour les réserves qui comptaient un nombre important de logements dont l’occupation/inoccupation était inconnue à un moment donné.

Lorsqu’on analyse les changements dans les chiffres de population et des logements au fil du temps, il est recommandé d’inclure plusieurs années de référence, particulièrement pour les régions géographiques plus petites. Il se peut que les répercussions de la non-réponse soient plus importantes pour les populations plus petites. La méthodologie du Recensement de 2016 est comparable à celle utilisée pour le Recensement de 2006. Par conséquent, les comparaisons entre le Recensement de 2006 et le Recensement de 2016 ne sont pas touchées par cette différence méthodologique.

Après la diffusion des chiffres de population et des logements, des problèmes liés aux données sont parfois décelés lors du processus d’examen officiel. Pour prendre connaissance des changements apportés à la suite de l’examen officiel des chiffres de 2021, veuillez consulter les Modifications aux chiffres de population et des logements, Recensement de 2021. Pour obtenir plus de renseignements sur les examens officiels, veuillez consulter la Politique de réponse aux demandes d’examen officiel des chiffres de population et des logements du Recensement de 2021 de Statistique Canada.

5.1.8 Comparabilité avec le Registre des Indiens

Le Recensement de 2021, les recensements précédents de même que le Registre des Indiens maintenu par Services aux Autochtones Canada (SAC) sont les sources principales de données démographiques sur la population des Indiens inscrits.

Les recensements constituent un portrait instantané de la population qui se désigne comme Indien inscrit ou Indien des traités à un moment précis, alors que le Registre des Indiens est un fichier administratif permanent de nature législative qui est fondé sur l’inscription de personnes répondant à des critères particuliers définis dans la Loi sur les Indiens.

Les estimations du recensement sont influencées par les facteurs suivants : le sous-dénombrement des Indiens inscrits vivant dans des réserves et établissements partiellement dénombrés, où le dénombrement n’a pas été autorisé ou a été interrompu avant d’être terminé; le sous-dénombrement des Indiens inscrits vivant dans des réserves et établissements participants et ceux vivant hors réserve. Par ailleurs, en raison de l’utilisation des questionnaires abrégés, le recensement n’a pas permis de recueillir de données sur les Indiens inscrits vivant dans des établissements institutionnels (hôpitaux, résidences pour personnes âgées, prisons, refuges, etc.), ni sur les Indiens inscrits vivant à l’extérieur du pays.

En revanche, le Registre des Indiens constitue un volet du Système d’inscription des Indiens de SAC. Bien qu’il soit considéré comme étant la source officielle pour le nombre d’Indiens inscrits en fonction des critères définis dans la Loi sur les Indiens, le Registre des Indiens est limité. Tout d’abord, l’objet principal de ce registre est de consigner les noms des personnes ainsi qu’un ensemble de données non obligatoires en conformité avec des paragraphes précis de la Loi sur les Indiens. Comme il n’a pas été conçu pour l’analyse statistique, les données qu’il contient ne répondent pas nécessairement aux exigences de certaines activités statistiques (p. ex. projections démographiques, structure des mouvements migratoires).

De plus, il y a un délai entre le moment où un événement se produit et son enregistrement dans le Registre des Indiens. Il est donc possible que certains événements qui se sont produits durant une année donnée ne soient pas inscrits au Registre des Indiens dans la même année. Les exemples suivants, tirés du rapport intitulé Population indienne inscrite selon le sexe et la résidence, 2021 (soit l’année la plus récente pour laquelle le rapport est disponible), illustrent ce concept :

  1. Les nouveau-nés ayant droit à l’inscription au moment de leur naissance peuvent ne pas être inscrits au 31 décembre. Souvent, les parents ne déclarent la naissance de leur enfant que quelques années plus tard. Il est estimé que, de toutes les naissances inscrites en 2021, environ 90 % ont eu lieu avant 2021.
  2. Les noms des personnes décédées ne sont parfois rayés du Registre des Indiens qu’après un certain temps. Un certificat de décès ou une confirmation de décès présumé est normalement nécessaire pour rayer un nom du Registre des Indiens.
  3. Les codes de résidence ne sont normalement mis à jour que lorsqu’un événement est inscrit, bien que certaines bandes fassent une mise à jour plus fréquemment. La résidence demeure une catégorie facultative, puisqu’il n’est pas obligatoire de recueillir cette information.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le Registre des Indiens, veuillez vous reporter à Comment mettre à jour le registre des Indiens.

En outre, le statut d’Indien inscrit ne garantit pas le statut de résident canadien. Le Registre des Indiens comporte un certain nombre de personnes inscrites vivant à l’étranger.

Les objectifs distincts ainsi que les différences relatives à la méthodologie et aux concepts entre le Registre des Indiens et le recensement donnent des estimations qui ne peuvent pas être comparées directement. Selon le recensement, le nombre d’Indiens inscrits était estimé à 831 720 personnes le 11 mai 2021. Cela représente 19,1 % de moins que l’estimation provenant du Registre des Indiens en date du 31 mai 2021, soit 1 028 153 personnes.

5.1.9 Comparabilité avec les projections du modèle Demosim

Demosim est un modèle de projections démographiques créé et maintenu à Statistique Canada, qui utilise la technique de la microsimulation. Il sert à réaliser de manière dynamique des projections démographiques à l’échelle des provinces, des territoires, des régions métropolitaines de recensement et de certaines unités géographiques plus petites, selon plusieurs caractéristiques (âge, sexe, lieu de naissance, identité autochtone, statut d’Indien inscrit, groupe de minorités visibles, statut de génération, langues, plus haut niveau de scolarité atteint, activité sur le marché du travail, etc.). À cette fin, il simule des événements tels que les naissances, les décès, les migrations et les changements de niveau de scolarité, et ce, en fonction de divers scénarios d’accroissement démographiqueNote 1.

Des projections personnaliséesNote 2 tirées du modèle Demosim et fondées sur le Recensement de 2016 ont été préparées spécifiquement pour la comparaison des données du Recensement de la population de 2021 avec les résultats des projections en date du 11 mai 2021 pour plusieurs variables, dont l’identité autochtone.

Pour la variable relative à l’identité autochtone, deux scénarios de projections en fonction de différentes hypothèses de mobilité de réponse intragénérationnelleNote 3 ont été préparés. L’un des scénarios comprenait une mobilité de réponse pour les Métis et les membres des Premières Nations selon les niveaux récentsNote 4 de mobilité de réponse. L’autre scénario a été préparé selon l’hypothèse qu’il n’y avait aucune mobilité de réponse depuis 2016.

À l’échelle du Canada, les estimations du Recensement de 2021 concernant la population d’identité autochtone (1 807 250 Autochtones) étaient inférieures aux projections du modèle Demosim selon le scénario avec mobilité de réponse (1 953 000 Autochtones), mais supérieures aux projections de ce modèle selon le scénario sans mobilité de réponse (1 803 000 Autochtones). En outre, l’écart entre les deux sources était plus prononcé si l’on examinait des groupes autochtones précis, particulièrement les membres des Premières Nations.

La projection utilise une population de départ qui est corrigée en fonction du sous-dénombrement (y compris des réserves et établissements partiellement dénombrés). Selon les méthodes, on s’attend à ce que le résultat des projections inclue une population plus élevée vivant dans les réserves, comparativement aux résultats du recensement non corrigés.


Date de modification :